Sixième des derniers jeux
Olympiques en -62 kg, Samson N'Dicka Matam a eu la mauvaise surprise
de découvrir les difficultés d'Avallon à son retour
de Grèce. Dijon a dès lors fait les efforts pour le conserver
en Bourgogne. L'histoire d'amour entre Samson Matam et le club d'Avallon
aurait pu durer toujours.

Arrivé dans l'Yonne en provenance du Cameroun à 15 ans et
demi, le jeune Samson gravit vite les échelons et décroche
avec le club icaunais trois titres de champion de France par équipes
et onze titres nationaux en individuel en treize ans (avec cinq records
de France à la clé). Il participe aussi à trois olympiades
: Atlanta en 1996 où il se classe 25e, Sydney en 2000 où
il termine 12e et enfin Athènes en août dernier, où
il obtient une place de finaliste (6e) et la meilleure place d'un haltérophile
français depuis plus de 10 ans. Attaché à la Bourgogne,
bien intégré dans la région où il occupe un
poste d'éducateur, très disponible pour encadrer les jeunes
haltérophiles sur les tournois, Samson Matam connaît un retour
d'Athènes plus agité que prévu. Son club qui accuse
en effet un déficit de 50 000 euros, doit reconstruire, et la plupart
des athlètes ont quitté le navire, alors que lui est encore
là. « Comme j'étais une des figures de l'équipe
», analyse avec un peu d'amertume le finaliste olympique, «
la nouvelle équipe dirigeante du club a considéré
que j'avais ma part de responsabilité dans les problèmes
financiers. Ils ne m'ont pas respecté et c'est bien dommage ».
De par ses résultats, Samson Matam est forcément très
convoité par les clubs de N1A : « Les clubs savaient ce qui
se passait et pas mal d'équipes du Sud et de l'Ouest de la France
m'ont contacté ».
Pour ne pas mettre en danger la suite de sa carrière, il doit alors
faire un choix pour poursuivre au mieux sa progression. L'affectif va
alors jouer un rôle essentiel. En s'appuyant sur toutes les composantes
du sport en Bourgogne - du Conseil Régional, à la ville
de Dijon, en passant par la COMADI - l'USO Dijon, présidé
par Pascal Thomas, tombe d'accord avec l'athlète pour qu'il intègre
l'équipe qui évolue en N2, tout en continuant sa formation.

« Je souhaitais rester en Bourgogne », reconnaît sans
détours Samson Matam.
« J'ai vécu 12 ans à Avallon, j'ai mes habitudes ici
et mes trois enfants habitent à Avallon, qui n'est qu'à
une heure de Dijon. J'ai acquis une belle notoriété ici
et la ville de Dijon me donne l'opportunité de poursuivre ma mission
d'éducateur et de terminer mon brevet d'Etat deuxième degré.
» Dijon veut retrouver les sommets avec lui. Pour la capitale des
Ducs de Bourgogne, la venue de Samson N'Dicka Matam est un gros plus pour
retrouver au plus vite le plus haut niveau. Actuellement en N2, le club
dijonnais luttera la semaine prochaine pour son maintien, mais sans son
finaliste olympique. La Fédération refuse qu'il participe
à la dernière journée du championnat par équipes.
Sur ce coup-là, il est dommage qu'ils ne prennent pas en compte
l'intérêt de l'athlète.
Il faudra donc attendre les compétitions individuelles pour le
voir briller sous les couleurs dijonnaises. En cette année post-olympique,
les objectifs de Samson Matam seront les championnats d'Europe en avril,
les championnats de France en juin, les jeux Méditerranéens
et puis les Mondiaux au mois d'août. « A Athènes, on
a réussi à être trois Français en finale olympique
sur cinq engagés. C'est un super bon résultat et il faut
confirmer dans les années à venir avec une médaille.
L'avenir et la reconnaissance de nos performances passent par là
». Le néo-Dijonnais ne sera d'ailleurs pas contre une petite
breloque aux prochains championnats d'Europe, prochaine étape sur
le chemin qui doit le mener, il l'espère, jusqu'aux jeux de Pékin
en 2008.
Le Bien Public