La Camerounaise de l'USO Dijon Judith Ketchanke s'est envolée en début de semaine pour Doha, au Qatar, où elle disputera ce dimanche la phase finale des championnats du monde d'haltérophilie. A 22 ans, la jeune fille originaire de Douala (2ème ville du pays après Yaoundé) tirera en + 75 kg dans une compétition à laquelle elle a déjà participé en 1999. Espoir surclassée, elle s'était alors classée 21ème.
Issue d'une famille pour qui l'haltérophilie est une véritable religion - son frère Brice est champion d'Afrique 2005 et fait également partie de l'équipe du Cameroun -, elle défendra les couleurs d'un pays où la levée de fonte est une véritable tradition. « C'est le sport le plus populaire chez nous après le football », confie Judith, championne d'Afrique en 2004. « Les gens suivent nos exploits de très près et ils font un sacré boucan pour nous soutenir. »
La motivation est donc toute trouvée pour cette auxiliaire de vie, qui affiche pourtant des objectifs mesurés :
« Rentrer dans le top 20 me suffit, je préfère ne pas être trop prétentieuse », avoue modestement Judith« C'est un sport très difficile et je me suis entraînée dur pour en arriver là. »
Côté dijonnais, l'USO Dijon suivra sa championne avec attention, elle qui représente l'image du club à travers les nombreuses compétitions auxquelles elle participe. « Judith a toutes les qualités pour réussir », souligne son entraîneur Anthony Fernandes. « Elle est explosive, hargneuse, parfois têtue mais elle a un grand cœur. »
Mais malgré son enthousiasme communicatif et des records personnels tout à fait honorables ( 87,5 kg à l'arraché et 125 kg à l'épaulé), Judith sait qu'elle ne partira pas favorite face aux ogres de la catégorie que sont l'Américaine Cheryl Haworth et les Ukrainiennes Olha Korobka et Yuliya Dovhal. Sans oublier les Chinoises Yanping Lin et Bing Zhao, également prétendantes au titre suprême.
Bertrand LHOTE
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